PROBLÉMATIQUE

 
 

           Devant la crise multiforme que traverse la République Démocratique du Congo ainsi que le blocage du processus de la démocratisation et tirant les leçons du passé, nous, leaders des églises, Responsables des ONG, dirigeants des toutes les couches de la population, avons constaté ce qui suit :

Depuis que la République Démocratique du Congo a été proclamée le 30 juin 1960, à l’accession du Congo Belge à l’Indépendance jusqu’à ce jour, le Congo n’a jamais été ni congolais ni démocratique.

Le peuple congolais ne s’est jamais choisi librement et consciemment un président de la république ou d’autres animateurs des structures politiques tant urbaines, provinciales que nationales.

 3.       Le pays vient de passer 43 ans de fantasme des slogans et déclarations magiques tels : « Retrouvons les manches », « Salongo alinga mosala », « moto na moto abongisa », « l’authenticité », « la zaïrianisation », « Objectif 80 », « le septennat du social », « tout doit changer, tout va changer », « rien ne sera comme avant », « la libération », « nous allons chasser le chômage du Congo », «  la reconstruction nationale », etc. Mais la situation de la RDC et surtout du peuple congolais devient de plus en plus misérable.

 4.       L’AFDL que toute la population avait soutenue et applaudie espérant être libéré non seulement du mobutisme mais de toutes les forces du mal, s’est évaporé en laissant le pays en guerre, dans la balkanisation, l’occupation étrangère, le pillage des ressources, la déforestation, les massacres et la misère la plus totale.

 5.       La RDC est maintenant sous tutelle de la communauté internationale avec tout ce que ceci implique comme conséquences et facture.

 6.       L’Eglise qui devait être neutre dans tous les conflits et jouer son rôle de médiateur, de facilitateur en tant qu’autorité morale de la société et conscience du peuple, se révèle comme un outil des différents pouvoirs qui se sont succédé au Congo ainsi que des parties en conflits.

 7.        L’opposition politique qui devrait constituer le contrepoids du pouvoir et servir de garde-fou en vue de permettre des changements, la promotion des valeurs sociales et démocratiques, le bien-être, la sécurité, la justice et l’épanouissement des individus, la garantie de la réalisation des aspirations de la société, s’est perdu dans le positionnement.

 8.       Les gouvernants ont réduit le congolais à sa plus simple expressions ontologiquement, sociologiquement et même théologiquement, et on fait de lui une personne sans dignité ni valeur ni fierté de son identité.

 9.       Beaucoup d’accords signés à l’intérieur comme à l’extérieur au nom du peuple sans consulter celui-ci.

 10. Les entreprises étatiques et paraétatiques sont liquidées ou privatisées à dessein. Elles changent de noms et de propriétaire à l’insu et au détriment de la population.

 11.     Les églises chrétiennes constituant la majorité de la population congolaise ne sont ni consultées ni associées lorsque les grandes décisions engageant la nation et déterminant son avenir sont prises.

 12. Le pays n’a plus finalement de production. Le peuple ignore tout sur l’exploitation des ressources minières du  pays depuis plusieurs années et l’incidence de celle-ci sur l’économie nationale.

 13. La fonction publique est à genoux, l’enseignement paralysé, la sécurité sociale inexistante, la jeunesse hypothéquée.

 Etant donné que la population qui est victime de toutes ces injustices n’est pas bien représentée et ne peut se défendre elle-même, la mission épiscopale, comme le déclarait le Pape Paul VI à la commission pontificale  « justice et paix en 1972 », impose le devoir de dénoncer, courageusement et avec charité les injustices.

 Paul VI ajoute aussi que la défense des droits de l’homme implique pour l’église la dénonciation des violation passés ou présentes, qu’il s’agisse d’actions isolées ou de situation  permanentes.

 C’est ainsi qu’à la suite de Jésus-Christ dans son manifeste programme donné dans l’évangile de saint Luc 4. 18-20 qui dit «  l’Esprit du  seigneur est sur moi, Il m’a consacré pour donner aux pauvres une bonne nouvelle. Il m’a envoyé annoncer la libération aux captifs, la lumière aux aveugles ; il me faut libérer ceux qui sont écraser, et proclamer une année de grâce de la part du Seigneur ». L’Archevêque KUTINO FERNANDO associant son confrère SAMUEL YEMEY,  a  élevé la voix pour la défense des droits inaliénables de l’homme congolais, créé à l’image de Dieu  mais tombé entre les mains des brigands.

 C’est ainsi qu’a vu le jour l’opération  « Sauvons le Congo »  lancée à travers la  R.T.M.V. dans son émission  « Réflexion » par l’Archi bishop  KUTINO FERNANDO  le vendredi  30 mai 2003.

 « Sauvons le Congo »  se veut un mouvement, une action, une réflexion, voire une dynamique  regroupant tous les  chrétiens, toutes fonctions confondues, les gens de bonne volonté, les ONG, les différentes associations d’actions sociales ainsi  que toutes les forces  vives du Congo  pour libérer le peuple qui a été abandonné dans le parking de l’histoire par différents gouvernements, pour le réhabiliter dans ses droits de souverain primaire afin qu’il puisse décider sur son propre sort et sur son avenir. C’est une organisation apolitique, neutre et indépendante et du gouvernement,  et de l’opposition politique, et de toutes parties et entités impliquées  dans le dialogue national Congolais. Mais une voix des sans voix, la population.

 « Sauvons le Congo » se voulant un mouvement du peuple, s’est fixé entre autres les objectifs suivants :

 1.       Dénoncer  tous les abus, quelle qu’en soit l’origine, qui portent atteinte aux droits du citoyen congolais ;

 2.       Décourager tout arrangement entre le gouvernement, l’assemblée Nationale ou le sénat  pour faire  voter des lois en défaveur de la population congolaise ;

 3.       S’assurer que la loi électorale qui sera votée par le sénat ne favorise ni défavorise tout citoyen  congolais  dont la nationalité ne permet aucun doute, selon la loi en cette manière, en fonction de son origine tribale, provinciale ou de ses convictions politiques, philosophiques ou religieuses ;

 4.       Veiller  à ce que la commission électorale indépendante organise, à la fin de la transition, des élections vraiment  libres et transparentes ;

5.       S’assurer que l’intégrité du territoire congolais est à tout prix sauvegardé par le gouvernement de transition ainsi que ceux qui lui succéderont.

 6.    Avoir des représentants élus par la population comme ses témoins dans les différentes institutions de la transition ainsi que celles des autres régimes qui lui succéderont.

 7.       Veiller à la moralité de tous les animateurs des différentes institutions et structures de la République.

 8.       Combattre l’ignorance des lois, des droits et des obligations du congolais à tous les niveaux.

 9.       Fournir à la population une information exacte, filtrée, rapide, claire et objective.

 10.   Mener des actions de sape contre toute aliénation, oppression, agression, intimidation et violation des droits du peuple.

 11.   S’assurer que toutes les décisions, les accords et les engagements du gouvernement, de l’opposition politique ou autres acteurs politiques sont pour le bien-être, l’épanouissement et l’intérêts du peuple en priorité.

 12.   Contrôler les actions du gouvernement et établir qu’elles sont transparentes notamment dans la gestion des affaires publiques, l’utilisation adéquate des forces armées, de la police et des services de sécurité pour les intérêts de la nation et non des individus et de la protection des personnes et des biens.

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 © Papy Arsenal L./ kutino.org 2003