| Mon Indignation face à l’injustice dans mon pays | ||
A Monsieur le Ministre de la Justice Excellence Monsieur le Ministre, Concerne : Mon Indignation face à l’injustice dans mon pays Je me fais ce jour en ce mois dédié à la femme, l’insigne devoir de m’approcher respectueusement auprès de votre haute autorité vous faire état de mon indignation, de ma consternation face au dérive de notre justice dans les différentes affaires en rapport ave ma modeste personne et mon église, la Mission Mondiale Message de vie. Ce mois consacré à la femme Congolaise, souvent victime de diverses formes de violences, me fait immédiatement ressasser des souvenirs tristes dans la mémoire vivace de mon église et de toute la communauté Congolaise en général. En effet, un certain 14 mai 2006, lors de mon arrestation brutale et hors pair dans le cadre d’un dossier bidon, monté pour le besoin de la cause, des mamans fidèles de mon église ont été battues, molestées, et à peine violées à l’église par les agents de sécurité envoyés sans aucun égard à la procédure légale, au sacré ainsi qu’au respect dû à la femme. Devant cette réalité funeste, Excellence, il est à se demander la portée réelle de toutes ces cérémonies apparentes sur la femme pendant qu’au fond, les droits de celle-ci sont violés par ceux-là même qui sont appelés à les garantir. Par ailleurs, l’on se rappellera en outre des pillages, des extorsions des matériels de la Radio Télévision Message de vie, orchestrés à la même occasion par les mêmes agents sous une puissante bénédiction alors que cela ne constituait nullement l’objet de leur irruption. Plus pire, Excellence, même les offrandes récoltées ont été, sans vergogne et sans scrupule, emportées par ces personnes. Le comble de tout, c’est que les autorités compétentes furent aussitôt saisies de ces faits ignobles qui font un cauchemar à notre démocratie, à notre justice, mais hélas, aucune poursuite n’est faite à l’encontre de ces gens, pourtant bien identifiés. Excellence, je ne puis continuer mon propos sans vous rappeler un autre scénario macabre de notre justice relatif à un prétendu déguerpissement en forme visible d’une spoliation. En présence de deux jugements contradictoires, l’ancien Premier Président de la Cour Suprême de Justice avait en son temps ordonné qu’aucune exécution ne fût opérée en attendant qu’un Tribunal compétent statue sur le mérite de ces contestations conformément à l’article 137 du code de l’organisation et de compétence judiciaires. Contre toute, passant outre cette lettre, une exécution sauvage sera opérée sur le lieu de culte de l’église Armée de Victoire (KANDA-KANDA N° 72, C/KASA-VUBU) avec tout ce que l’on peut imaginer de fâcheux : biens saisis dans une procédure illégale, certains biens personnels saisis n’appartenant même pas à la Mission Mondiale Message de vie, puis vendus par le Tribunal de Grande Instance KALAMU sans aucune forme requise. Je vous promets de mettre à votre disposition les pièces y afférentes pour découvrir cette infamie. Toutes ces violations impunies ont, semble t-il, une justification : La Personne de KUTINO FERNANDO. C’est la personne visée, a même exclamé le Ministère Public dans ses réquisitoires. Pour ce faire, tout alors tout peut être fait contre ma personne et contre mon église en dépit de mes droits et des prévisions légales. Comment expliquer autrement, Excellence, tout en étant en détention au CPRK des irruptions illégales par des agents dans ma cellule avec à la clé des extorsions répétées de mes biens, ce en tout violation de la loi ; le refus de m’autoriser à suivre les soins Médicaux appropriés. Les nombreuses fermetures injustifiées de la chaîne de télévision RTMV, des pillages en répétition des matériels et tant d’autres. C’est dans cette aversion hantée contre ma personne que se déroule cet autre épisode judiciaire malheureux caractérisé par des décisions iniques jetant l’opprobre et le discrédit sans nom à notre justice pour laquelle vous menez pourtant un combat de réforme profonde. Que faut-il ajouter encore de ces jugements et arrêts visiblement commandés dans l’unique but de me condamner mon collaborateur alors que l’absence des preuves démontrée au cours de ce procès indiquait purement et simplement mon acquittement. A ce jour, j’ai formé mon pouvoir en annulation devant la haute cour militaire, la plus haute Instance Militaire du pays. Seulement, aucune garantie d’une bonne lecture de la loi n’est assurée au regard de tout ce qui se passe dans cette affaire. Et je me refuse de croire que la lenteur constatée jusqu’alors dans la fixation de cette affaire a un lien, avec sa gestion occulte. Excellence, vous vous souviendrez qu’il m’était reproché principalement la détention d’armes de guerre pour laquelle ledit Arrêt, dos au mur, a déclaré non établie à ma charge alors que tous les sévices, tortures et imputations endurés lors de mon arrestation ont eu comme point focal cette imaginable infraction. Aujourd’hui que cette infraction a été non établie à l’endroit de ma personne, que ferait l’Etat congolais devant l’humiliation qu’il m’a fait subir, les tortures et autres mobilisations ? Voilà pourquoi, Excellence, je me suis senti dans la triste obligation de manifester mon indignation tout en réclamant une bonne justice, sans pression, indépendante devant garantir le respect des droits humains et de la défense. Aussi, voudrais-je réclamer la restitution de mes biens détenus par des personnes bien identifiées, ainsi que la suite de l’instruction des dossiers pendants devant le Procureur Général de la République, l’Auditeur Général et autres autorités déjà saisies. Pour finir, Excellence, je voudrais avec votre autorisation partager l’essence sublime de ce texte de la Bible qui dit : « La justice élève une nation » Proverbes 14 : 34. Dans l’espoir que la présente obtiendra une suite heureuse, je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma profonde gratitude. Archbishop KUTINO FERNANDO |
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