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Lettre de l'Archbishop KUTINO Fernando adressée à la Cour Militaire de Kinshasa - Gombe |
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Septembre 2007 |
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A Monsieur le Premier Président de la Cour Militaire de la Gombe à Kinshasa. Monsieur le Premier Président, C’est avec regret et émotion que je constate la lenteur dont mon dossier fait actuellement l’objet sans qu’il ne soit réservé une moindre urgence pour sa fixation à une audience de prosécution de votre cour. En effet, alors qu’au premier degré le Tribunal de Garnison s’est ménagé une célérité sans faille pour m’infliger par défaut une rapide condamnation sans moindre égard à la forme ni aux droit de la défense ,aujourd’hui que la vérité judiciaire fait éclater son rôle persuasif, tout semble être bloqué expressément. Il s’avère visiblement que tout est en œuvre pour me laisser croupir éperdument et aussi longuement possible en prison foulant ainsi au pied les droits et libertés fondamentaux inhérents à la personne humaine. Ce déficit gravissime de l’humanisme ne me concerne pas seul particulièrement, il est aussi déploré dans le vécu de mon co-détenu collaborateur Bishop BOMPERE ainsi que d’un mineur d’âge, enfant de la rue nommé Junior NGANDU, aujourd’hui quasiment moribond sans soin appropriés à cause d’une injustice méchamment orchestrée. Nous n’en constituons malheureusement qu’un échantillon parmi les milliers de détenus qui, pour la plupart, y passent leur éternité sans même présenter leurs moyens de défense à leur juge naturel. Il est à noter que ces cas d’inhumanité ont toujours été décriés dans les instruments juridiques internationaux notamment la déclaration universelle des droit de l’homme, le pacte international relatif aux droits civils et politiques du 16 décembre 1966 ratifié par la RDC le 1er novembre 1976 et tous les Etats membres ont souscrit pour l’éradication des pareils comportements surtout qu’il est stipulé à l’article 14point 3c dudit pacte précité que toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, à être jugée sans retard excessif. Ce qui paraît par ailleurs plus malheureux dans ce dossier, c’est que un montage qui ne dit pas son nom a totalement pris le dessus sur les valeurs sacro saintes régissant toute société humaine au point de me priver au mépris de la loi du bénéfice de la liberté provisoire toujours sollicitée, voire même de la nécessité de mon transfert dans un centre hospitalier équipé afin de recevoir des soins appropriés. Cet état des choses m’a improvisé dans l’automédication car faute de mieux je m’évertue à me soigner moi-même avec tous les risque que cela peut comporter. Pendant ce temps, les prétendues accusations formulées contre ma personne et les miens reposent sur les procès verbaux monstrueusement irréguliers, sur des déclarations d’une personne fictive nommée MABOSO du reste morte et Dieu seul sait si pareil individu avait la chair et le sang, sans négliger une plainte dont l’auteur en dénie l’initiative sans détour et sans vergogne et ce, publiquement. Il est donc judicieux, Monsieur le Premier Président, de donner l’occasion au monde entier de découvrir la vérité autour de ce dossier en fixant à l’audience la plus utile de votre cour l’examen du fond de cette cause et par ricochet, je sollicite le concours de toutes les autorités qui me lisent en copie pour parvenir à cette fin. Je vous prie donc de me permettre de mendier, quémander s’il en faut la fixation de cette cause en vue de faire triompher la justice. Rassuré de votre prompte réaction à la présente, je vous prie, Monsieur le Premier Président, de trouver ici l’expression de mes remerciements anticipés jumelés à mes considérations les plus distinguées. - Archbishop KUTINO FERNANDO - |
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To the First Président of the Military Court at Kinshasa / GombeMr Président, It is urth deep sorrow and emotion that i notice the slowness in the processing of my trial. It is obvious that very attention is paid to the basic requirement of urgency that should characterize such cases. Indeed, whereas the tribunal of garnison of gombe proved over speedy to condemn me in my absence, without any regards to the form and the defense rights, now that the judicial truth is supposed to put forth its persuasive role, all looks purposely blocked. It is obvious that everything is done to maintain me in detention, as long as possible, against the rights and fundamental liberties any human being is entitled to. This very serious lack of humanism has not claimed me alone as its victim, as the same applies to my co-défendent and collaborator, Bishop BOMPERE, as well as to a child under 18 years old (a minor) named JUNIOR NGANDU who is also very sick without any appropriate health care, all this because of this injustice expertly mounted. It is unfortunate to have to say that this case is only a sample of the thousands of detainees who, in most cases, have spent lengthy years without the opportunity of getting a fair trial before their judges. It is worth recalling that these cases of inhumanity have consistently been spoken against by the international instruments such as the universal déclaration of Human Rights the international pact of civil and political rigths of December 16th, 1966, ratified by the DRC ou November 1st, 1976, as well as by all the member state as to the eradication of such behavious, chiefly as written in Article 14 point 3 C of the above-mentioned pact that any person accused of penal infringement is entitled to be jugded without any exagerate delay. What is more unfortunate to this case is the fact that a fabrication though not labelled as such has totally taken over from facts and from the fundamental values in existence in any human society, to the extent that I have been denied, against the law, the bene fit of freedom on bail I have applied for many times. It went as far as denying the right to be tansferred to well-equipped hospitals to receive the treatment my medical situation required. This led me to resort to self-medication, with all the risks that go with it. In the meantime, the so-called accusations against me rest on monstrously irregular, unlawful documents and on the statements of a non-existing person named MABOSO, who is said to have already passed away. God alone can tell if such a person was really made of flesh and blood. Futhermore, itshould be noted that the author of the complaint is adamantly denying publicly having taken such an initiative. In view of all this, we consider it most appropriate, Mr President, to give the whole world the opportunity to discover the truth about this case by naming a date for the resumption of the hearings on the core of the affair. I here by apply to all the state officials receiving a copy of this to help reach this goal. I am then pleading with you to allow me to beg you to set a date in order to see justice prevail. Looking forward to your prompt reaction, Mr President, I beseech to you receive my anticipated gratitude compled with my most distinguished consideration I remain, Faithfully yours - Archbishop KUTINO FERNANDO - |
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Publication : Sauvons le Congo 2007 |