C’est connu de tous : les différents régimes qui se succèdent en RDC ont ceci de commun : beaux discours, actes peu recommandables !
La dernière adresse du Chef de l’Etat a donné lieu à beaucoup d’espoirs, d’autant plus qu’à la parole, on a joint le fait d’opérer une purge dans l’appareil judiciaire congolais. Ceci n’a pas été sans rappeler une décision similaire à l’époque de Mzee L.D. Kabila.
Là s’arrête la similitude ! En effet, si du temps de Mzee, on a assisté à une remise ou pas des magistrats, à tous les niveaux, le chambardement de 2009 risque de n’être qu’un changement de conducteur, le véhicule restant le même. En tout cas, on peut dire que la preuve n’est pas encore faite du vrai changement appelé de tous leurs vœux par toutes les composantes de la communauté nationale. D’ailleurs, il faut signaler que l’espace médiatique est envahi ces temps derniers par des ténors de l’AMP, qui ont pris le relais de l’opposition pour fustiger la généralisation de la corruption et de l’injustice érigées en norme par les instances judiciaires congolaises !
Il est incontestable qu’en la matière, l’un des dossiers qui étaient le plus en vue est celui de l’Archibishop Kutino Fernando. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas la personne, il est une chose que nul ne peut nier : L’homme n’a rien fait de tout ce qu’on lui reproche ! Et ce ne sont pas les audiences, à tous les degrés de l’instruction de ce procès, fortement médiatisé, qui nous démentirons, tant et si bien qu’on a été obligés de la laver des préventions d’association des malfaiteurs et détention illégale d’armes de guerre. Mais, curieusement, on retient la tentative d’assassinat, pour laquelle l’homme de Dieu est condamné à 10 ans de prison, contre cinq pour son collaborateur, Bishop T. Bompere.
Or, selon les spécialistes, cette dernière infraction exige qu’on ait effectivement posé des actes de terrain, c’est-à-dire avoir été sur les lieux et voulu donner la mort, mais n’avoir été arrêté que par des circonstances extérieures indépendantes de sa volonté. Ce qui n’a pas été le cas de ces hommes d’Eglise. Les juristes que nous avons approchés sont formels : Les trois préventions mises à charge de l’Archibishop, celle de tentative d’assassinat est la plus invraisemblable !
Et c’est au moment où l’on examine le recours en annulation à la Haute Cour Militaire qu’intervient le discours du Chef de l’Etat. Le peuple avait donc de bonnes raisons d’espérer une issue heureuse de ce dossier, dans le sens de la relaxation de cet homme en qui il se reconnaît. Surtout que, dans l’entre-temps, de l’huile a été jetée sur le feu par l’Evêque Pascal Mukuna, qui a publiquement révélé que c’est un complot dont a été victime l’Archibishop, avec la complicité de certains « hommes de Dieu ».
On peut donc dire que la décision rendue par la HCM le jeudi 23 juillet révèle que les choses n’ont pas changé d’un iota dans la justice congolaise. Des deux choses l’une : ou la HCM joue les prolongations de l’ancien système décrié, ou ce sont les interférences politiques qui continuent de bien se porter. On ne peut comprendre autrement que la haute instance de la justice militaire entérine l’arrêt de la Cour qui, en son temps, a scandalisé plus d’un Congolais, les juristes compris !
Que les vieilles tares ont la place dure ! Et s’attendre à des changements dans ces conditions relèverait du miracle !
Pas étonnant que la RDC ait mauvaise presse auprès des activistes des droits de l’homme !!
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